Busard cendré

Circus pygargus

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cliché Elisa Daviaud

Vous avez lu les marques alaires d’un busard cendré... Communiquez sans attendre votre observation sur le site Web Busards.com !

Le plus petit et le plus élégant des busards européens, avec de longues ailes pointues, présente un dimorphisme de coloration marqué.

La majorité de la population est concentrée en Europe et en Russie, bien que distribuée aussi en Afrique du Nord et en Asie centrale. La population française, en déclin, est comprise entre 3900 et 5100 couples, notre pays et l’Espagne hébergeant environ les deux tiers de la population d’Europe de l’Ouest (Russie et Turquie exceptées). Pour la région Poitou-Charentes, le nombre de couples est estimé à 400-700 (plus de 10 % des effectifs nationaux 1).

Dans notre région, la nourriture du Busard cendré se compose essentiellement de Campagnols des champs (34 à 87 % des proies en biomasse 1), mais aussi de passereaux et d’insectes, lorsque son « met » préféré n’est pas présent en abondance. En effet, les campagnols présentent des cycles de pullulation c’est à dire que leur population peut varier d’un facteur 7 entre les différentes phases du cycle. Ceci se répercute directement sur le nombre de couples nicheurs des Busards cendrés. Quand les campagnols sont abondants, le nombre de couples nicheurs est plus important et le nombre de jeunes à l’envol également alors qu’à l’inverse les années où les campagnols sont peu nombreux, les Busards cendrés nichent peu et produisent peu de juvéniles.
Les Busards cendrés sont donc d’excellents auxiliaires de l’agriculture car ils participent naturellement à la limitation du nombre de campagnols, rongeurs très friands de céréales. Pour élever sa nichée, un couple de Busards cendrés consomme environ 1 400 petits rongeurs.

Cette espèce, migratrice, est présente d’avril à septembre dans notre département, où la majorité de la population se reproduit en petites colonies dans les milieux cultivés (plaines céréalières), mais aussi dans les milieux semi-naturels (friches, prairies) voire naturels, comme les landes à bruyère et ajoncs.

La ponte (généralement 3 à 5 oeufs) a lieu de début mai à début juin, la durée d’incubation est de 4 semaines et les jeunes sont capables de voler à 30 jours environ.

Comme le Busard St Martin et le Busard des roseaux, le Busard cendré niche au sol et est par conséquent plus sensible aux risques de prédation terrestre (chats errants, renard...) ; mais c’est son attrait pour les cultures céréalières (blés, orge) où il construit son nid qui met le plus en danger l’espèce. En effet, les jeunes busards non encore volants sont à la merci des moissonneuses batteuses. C’est pourquoi, chaque année, des actions de protection des nichées sont effectuées par des bénévoles d’associations de protection de la nature dans de nombreux départements français.
Entre 1984 et 2000, l’envol de 21 000 jeunes a été suivi parmi lesquels 34 % ont été sauvés grâce à l’intervention des bénévoles.

Dans le Centre-Ouest, l’action de sauvegarde des busards nichant dans les cultures céréalières couvre l’ensemble du territoire du Parc Interrégional du Marais Poitevin (PIMP) et ses environs, sur les trois départements de la Vendée, des Deux-Sèvres et de la Charente Maritime. En Charente Maritime, d’autres secteurs sont également suivis comme les Marais de Rochefort ainsi que les plaines céréalières autour de Royan.
Dans le cadre de ses missions de protection de la biodiversité, le Parc Interrégional du Marais Poitevin soutient financièrement les 3 Associations de Protection de la Nature (LPO 85, GODS et LPO 17) qui organisent ces actions de sauvegarde.

En Charente Maritime, le groupe LPO 17 suit les Busards cendrés sur le PIMP depuis 1999 et autour de Royan depuis 2000. Les marais de Rochefort sont suivis par Alain Leroux et ses collaborateurs depuis 1983, avec une collaboration scientifique avec le CNRS de Chizé depuis 1994. De nombreux poussins (plus de 500) ont été bagués et marqués (marques plastiques colorées, fixées sur les ailes). Une centaine de contrôles a permis de connaître un certain nombre de caractéristiques du fonctionnement de la population. Plusieurs de ces oiseaux ont été revus nicheurs sur les secteurs que nous suivons, distants d’environ 15 à 40 kms, montrant la fidélité relative des Busards cendrés à leur secteur (lieu) de naissance.

Entre 1999 et 2005, l’effectif nicheur charentais, sur le PIMP et ses environs, varie de 11 couples en 2003 à 50 couples en 2005 avec un nombre de juvéniles parvenus à l’envol compris entre 12 (en 2003) et 121 (en 2002).
Le nombre total de jeunes busards envolés sur ces 7 années de suivis est de 413 sans protection et de 532 avec protection.
La mise en place de protection des nichées en collaboration avec les agriculteurs a donc permis de sauver 119 jeunes Busards cendrés soit plus de 22 % des effectifs.

La mission RAPACES de la LPO vous invite à découvrir son site consacré aux busards.

1- Rapaces nicheurs de France – Jean-Marc Thiollay et Vincent Bretagnolle – Ed Delachaux & Niestlé – 2004


Mis à jour le : mardi 12 novembre 2013

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